Le Soir Autour Des Maisons
La mort n'existe pas, c'est la vie qui s'arrête. Et quand on apprend à Brune-Olive que sa vie va s'arrêter, elle décide de continuer quand même !
Dans le petit village de La Garde, peuplé de personnages insolites aux logiques déroutantes, Brune-Olive est la plus respectée de tous. Afin de rester présente à jamais dans la vie quotidienne de ses proches, Brune-Olive écrit des centaines de lettres en vue de tous les événements probables (et même improbables) auxquels ses chers concitoyens seront confrontés un jour où l'autre : promotion, licenciement, retraite, divorce, maternité, déménagement etc. Et elle fait promettre à son amie intime de prendre soin de la libido de son mari, Roland, lorsqu'il sera devenu veuf. Une perspective qui n'est pas pour réjouir la timide et discrète Solange, mariée, elle-même, à un très égoïste et ombrageux époux.
On ne s'ennuie jamais avec Murielle Levraud. Cette comédie farfelue multiplie les situations improbables, les quiproquos surréalistes et les coups de théâtre réjouissants, pour notre plus grand plaisir.
Après la disparition de Brune-Olive, Solange s'acquitte avec une étonnante application de sa mission auprès de Roland. Et dans l'euphorie du passage à l'acte, les cartons contenant les précieuses lettres sont renversés. Parvenant dès lors aux mauvais destinataires, les écrits faussement post-mortem de Brune-Olive sèment la confusion dans le village.
Lauréate de la Résidence du premier roman 2004, Murielle Levraud est restée fidèle à son irrésistible humour, à son imagination débridée et à sa joie de vivre communicative. Dans la droite lignée de Vian et de Queneau, Le Soir, autour des maisons est une fantaisie littéraire, libre, espiègle et d'une complète originalité.
De son écriture alerte et enjouée qui regorge d'ingénieuses trouvailles, Murielle Levraud compose un univers naïf (au sens pictural du terme), ludique, enfantin et léger (même lorsqu'il s'agit d'y dépeindre des sujets graves) qui n'appartient qu'à elle. Tout y est possible, mais rien ne peut y modifier la beauté ni la douceur ineffable de la vie. Ainsi les êtres valent-ils beaucoup plus qu'ils ne le croient eux-mêmes. C'est de cette conviction tranquille que les romans de M. Levraud tirent leur exceptionnelle gaîté.