Philippe Sollers Ou L'Impatience De La Pensée
Philippe Sollers est avant tout, dans ses essais comme dans ses romans, un aventurier du langage et de l'écriture, en prise sur le langage oral et ses musiques. Mais il est aussi, par le langage et l'écriture, un aventurier de la pensée qui explore, dans et par l'écriture et le roman, l'infini des sensations et des corps, l'éparpillement du sujet dans son rapport à la langue, au sexe, aux images, au temps. Il raconte l'odyssée du sujet masculin dans ses rapports au sexe, à la langue, à l'art, à la vérité, toutes Choses qui constituent - au sein de la lutte des sexes qu'il dit indépassable - le destin du sujet moderne ou post-moderne.
Centré autour de la question du roman et des questions esthétiques qui lui sont liées, cet ouvrage analyse et interprète l'ensemble de l'oeuvre romanesque de Philippe Sollers - depuis les analyses de Barthes sur « l'écriture » chez Sollers - dans ses rapports à la pensée, à la philosophie et à l'art de la modernité. Le roman chez Sollers, dans ses diverses formes et périodes, définit un autre rapport entre pensée et littérature, poésie et énergie, narration et rire. Contre la faillitte du roman sociologique ou de l'autofiction modernes, l'oeuvre de Sollers brouille les catégories des genres et des formes, et plus généralement l'opposition entre vérité et fiction. Elle ouvre ainsi un autre rapport à la modernité, hédoniste et ludique.
Introduction. - Philippe Sollers ou l'ubris dire, vers l'oeuvre totale, par Anne Deneys-Tunney.
I. - Quelques tableaux pour une exposition, par Philippe Forest.
II. - Rythme et écriture. Vitesse-Sollers, par Aliocha Wald Lasovski.
III. - Sollers ou l'accomplissement des écritures, par Jean-Paul Fargier.
IV. - Beautés du temps. Sollers et la peinture, par Lionel Dax.
V. - Philippe Sollers et le dix-huitième siècle. Portrait de l'artiste en jeune Diderot, par Anne Deneys-Tunney.
VI. - Entretien à propos des personnages féminins dans ses romans, Philippe Sollers avec Anne Deneys-Tunney VII. - Sollers par dessus l'épaule, par Roland Barthes.