L'ethnologie aborde le plus souvent la question du temps en termes de représentation : chaque culture, chaque civilisation aurait une conception spécifique et incommensurable de la temporalité. Ce numéro de Terrain ne reprend pas à son compte cette idée reçue. Les diverses contributions ici rassemblées, qu'elles concernent la vie urbaine, le rapport à l'université et à la prison, ou encore la production de l'éternité et de l'oubli, montrent à l'inverse que le temps est l'effet des pratiques. Il ne leur préexiste pas, il n'existe pas sans elles. Ses qualités, différentes selon les contextes qui le produisent, sont autant de façons de "vivre le temps" .