Les êtres humains sont comme certaines maisons : la " façade " peut se révéler trompeuse, et ne rien dire de leurs mystères. Dans la " Villa Giudita " sur les rives du Lac Majeur, que Régis et Maïka croyaient déserte et vouée à la démolition, un vieux chanteur aigri espère l'improbable retour de sa partenaire. Régis et Maïka cherchaient à s'abriter de la pluie, les voici invités, à leur corps défendant, dans une histoire douloureuse aux feux mal éteints.
Dans les autres nouvelles de ce recueil, d'autres êtres " se mettent en route ", chacun à sa manière, joyeux ou désenchantés, tous avec l'espoir de trouver " quelque chose ". Un géologue paléontologue court après le chapeau envolé d'une artiste, un chaman sud-africain et son secrétaire pistent l'insaisissable crâne d'un ancêtre décapité, un professeur traque le dramaturge anglais qui a humilié sa classe, un patron de cirque italien et une famille belge fraternisent à la faveur d'un embouteillage géant... Cortège cosmopolite qui illustre, dans la dérision ou la mélancolie, l'imprévisible engrenage des circonstances - le hasard - et les multiples façons de l'affronter.
Ce qui unit ces personnages, aussi différents et éparpillés qu'ils paraissent, c'est un même désir de reconnaissance : aussi ne sauraient-ils rester immobiles, ou résignés, car c'est ailleurs, loin des routines et des repères familiers, qu'ils se découvriront le mieux. Partir, revenir, et entre les deux, avoir appris...