Le rendement, la flexibilité et les restructurations d'entreprises, publiques ou privées, sont aujourd'hui à l'ordre du jour. Quotidiennement, le "reengineering", la "qualité totale", le "juste à temps" ou encore le "salaire au mérite" sont présentés comme des adaptations nécessaires, voire inévitables. Sans des mesures de rationalisation drastiques, nous répètent à satiété leurs partisans, comment, en effet, faire face à la mondialisation, à l'exacerbation de la concurrence, ou encore à la crise?
Les restructurations provoquent une intensification importante de l'exploitation du travail. La réduction des coûts et la restauration du profit-facteurs essentiels en temps de crise-font partie des logiques qui sous-tendent ces rationalisations. Les méthodes managériales et d'organisation de la production mises en oeuvre aujourd'hui ne sont pourtant pas apparues brusquement il y a une quinzaine d'années. Un retour sur le passé témoigne au contraire des similitudes qui existent entre la situation actuelle et une autre période troublée de l'histoire sociale et économique.