Flash, fragments, rythme, vignettes, courtes nouvelles. Accumuler, densifier. Un style réaliste et minimaliste qui joue sur l´ambiguïté. Ne jamais trop en dire, condenser. Laisser au lecteur le soin d´imaginer. Poz et Army fomentent un meurtre qui rapportera 5 000 dollars au premier - mais Poz en a trop dit. Angela se ronge les ongles en attendant qu´un gang vienne abattre son mec, Billy. Johnny Martins tire les rats dans les caves et les appartements d´un immeuble presque vide. Une jeune fille naïve suit un homme trop gentil. Une autre, pas si belle, présente un ado à son frère, un pauvre hère, pour qu'il lui lise les lignes de la main... Les personnages entrent et sortent d´un décor qu'on dirait trop grand pour eux : centre commerciaux et immeubles abandonnés, boîtes de nuit, parkings, pavillons rongés par l´humidité. Los Angeles aujourd´hui. Loin des paillettes et de la carte postale: celui des ghettos de South Central, Compton, East L.A. On y survit. Dans une tension extrême et un noir des plus denses, traversé d´éclats éblouissants de lumière. Quand un des personnages se relève, transcende sa tristesse et la violence de son quotidien. Là surgit la force, la puissance et la beauté de l´âme humaine.