Il n'existe pas une Provence mais plusieurs. Elle est unique et plurielle. On pourrait même avancer qu'il y a autant de Provence que de Provençaux. Disons cependant, pour faire simple, qu'il en existe deux principales : le versant ensoleillé, au sud, qui épouse le littoral de la " grande bleue ", et la continentale, au nord, le versant âpre et sombre, déjà soumis à l'influence alpestre. C'est essentiellement de celle-ci dont parle Gérard Blua. D'une terre accueillante ouverte à l'afflux des touristes, il passe à une terre austère, faite pour le silence et la solitude. Il qualifie ces espaces de sauvages. Dans cette approche, l'auteur convoque des partenaires privilégiés. Ainsi se produit, tout au long du texte, un téléscopage de citations - Reverdy, Giono, Proust, Hugo, Barrès, etc. - créant un phénomène d'échos. Les photographies contenues dans le texte présentent quant à elles des sites en majorité montagneux, des contreforts rocheux, des paysages de forêts ou encore la folie des eaux ruisselant en cascades.