Les oeuvres réunies dans ce dernier volume (quatre " romans ", une confession autobiographique, un ensemble de textes divers... et le légendaire brûlot Vers l'autre flamme, écrit par Istrati après son retour d'URSS) sont toutes de l'ultime saison (1926-1931) :
Les Chardons de Baragan (1928) : L'un des chefs-d'oeuvre d'Istrati (dans la veine de Kyra Kyralina ou d'Oncle Anghel). " Je viens de lire Les Chardons de Baragan, écrit à l'écrivain Romain Rolland. C'est magnifique. D'un bout à l'autre (...) Le plus plein, le plus parfait de ce que vous avez écrit (...) J'ai dévoré vos chardons, comme un âne. Il y a toute la sève et le feu de la terre, là-dedans. " Tsatsa-Minnka (1930) : Roméo et Juliette chez les paysans coupeurs de joncs des bouches du Danube : amours interdits, jalousie, violence, sans le ciel incendié de la plaine sans fin.
Nerrantsoula (1927) : Une petite soeur de Kyra : à quinze ans, elle ravage tous les coeurs de Braïla, et finit putain dans un bouge de Constantinople. Histoire d'une vie illuminée et brûlée par un désir impossible à éteindre.
La Famille Perlmutter (1926) : Chronique émue d'une famille juive roumaine exilée à Alexandrie : aventures et désillusions, personnages hauts en couleurs - et la nostalgie istratienne dans toute sa force contagieuse.
Pour avoir aimé la terre (1929-1930) : Deux textes réunis en une sorte de manifeste où l'écrivain trempe sa plume " dans le sang de la révolte " pour dire son dégoût des idéologies et son aspiration à une liberté " sauvage ".
Vers l'autre flamme - sous-titré " Après seize mois dans l'URSS " (1929) : Premier d'une série de " retours " désillusionnés (cf. Céline, Gide et quelques autres), et une condamnation sans appel de la dictature stalinienne et du communisme totalitaire en son entier - Istrati se révélant dans ces pages sous le seul jour qu'il eût jamais revendiqué (on avait feint de l'oublier) : celui de l'insoumission, de la non-adhésion tous azimuts. Les " camarades " d'hier le lui feront cher payer. Ses livres sont dégommés par toute la critique de gauche (à l'exception de quelques feuilles anarchistes) ; mêe Romain Rolland, qui ne veut pas désespérer le prolétariat, se fâche. Écoeuré, Istrati s'en retourne crever en Roumanie - où la tuberculose a raison de lui en quelques saisons.
Textes divers : L'essentiel des écrits qu'Istrati aura publiés dans diverses revues au cours de son séjour en France.