Au terme de sa vie, Vittorio Alberto Tordo, un écrivain italien, né à la fin du XIXe siècle, ayant connu un très grand succès, entreprend de raconter sa vie, tenaillé par l'angoisse d'avoir laissé une oeuvre qui, bien que considérable, a passé sous silence ce qu'il considère comme l'essentiel. L'essentiel, c'est sa participation active à des engouements collectifs meurtriers (14-18, fascisme, guerres coloniales, lois raciales) entre les deux guerres mondiales. Tordo est ici le représentant de toute une génération d'artistes et d'intellectuels italiens. Mais la cruelle autocritique qu'il conduit déborde les frontières de l'Italie pour poser la question des rapports entre les mots et les faits, entre la littérature et l'histoire.