Il est niché depuis des millénaires dans ses collines blanches et dénudées, ce petit village de Mazargues, enfant des calanques toutes proches. Ses maisons ont abrité dès l'Antiquité des ménagères affairées à leurs fourneaux pour nourrir leur famille avec les produits du cru issus de ces collines qui regorgeaient de thym, de romarin, de marjolaine, d'arbousiers et autres genévriers.
Cornelia, Livia, Orcanette, Tatouille, Mamie Margot ou Grand-mère Lile : qui, mieux que toutes ces femmes sorties de l'histoire, pouvait symboliser ce creuset cosmopolite d'où sont issues les familles mazarguaises et qui a tant influencé au fil des siècles la cuisine locale?
Elles étaient là, ces cuisinières, avec leurs recettes enfouies au fond d'un tiroir, perdues dans les pages d'un vieux cahier de cuisine, écrites d'une main maladroite, souvent au crayon.