La rue d'Antibes se baladait dans la fraîcheur du soir. Richard retrouvait dans cette promenade le " paséo " de là-bas qui le conduisait à travers l'avenue de la Bouzaréah, du jardin Guillemin aux Trois-Horloges et retour. Combien de fois, à l'instar des enfants de Bab El-Oued, avait-il emprunté cette façon de " voir et d'être vu " commune à la jeunesse du faubourg ? Mais la rue d'Antibes, orpheline du parler haut et fort et des cafés regorgeant de musique andalouse, napolitaine ou judéo-arabe, de rires tonitruants et de tape-cinq ravageurs n'offrait pas le même pouvoir de séduction que l'avenue de sa jeunesse.