Le retour du loup sur le territoire français, au début des années 90, a suscité de nombreuses réactions passionnées. Emblème des problématiques liées à l'utilisation de la nature, le grand prédateur est également porteur d'une symbolique très forte dans notre culture nationale. Les enjeux de l'agriculture, de la chasse et de la protection de la nature sont en effet exacerbés par le poids d'une histoire conflictuelle et atypique entre la société française et les loups. En étudiant ce retour sous l'angle du droit, l'auteur nous montre l'institutionnalisation de l'irrationnel. Il expose ainsi l'inadéquation d'un droit tourné soit sur la protection de l'homme vis-à-vis de l'animal, soit sur la protection du loup vis-à-vis de l'homme, mais jamais sur la cohabitation. Cette approche sans concession met en exergue les lacunes tant théoriques que pratiques d'une matière qui cherche encore de nos jours à réagir de manière rationnelle là où seul le raisonnable pourrait aboutir.