Originaires d'une famille bavaroise installée en France, Jules (1872-1932), Louis (1874-1946) et
Henri (1876-1956) Séeberger ont fondé en 1903 un atelier photographique familial. Délaissant le
dessin technique pour la production de cartes postales, Jules, suivi par ses frères Henri puis Louis,
photographient en premier lieu Paris, puis les grandes villes du Midi, les villes de cure ou de
tourisme alpin, sans oublier les petits métiers des ports ou de la campagne.
En 1909, sur une commande de madame de Broutelles, directrice de la revue La Mode pratique, les
frères Séeberger évoluent alors vers la photographie de mode. Pour répondre aux attentes des
lectrices, ils observent les champs de courses, hauts lieux de l'élégance, les aristocrates arborant
les dernières créations des couturiers. Le reportage de mode devient leur spécialité, qui leur forge
instantanément une véritable réputation dans le monde de la photographie et de la haute couture.
À la demande d'autres magazines tels que Vu, Vogue, Fémina ou le Jardin des Modes, ils
continuent d'explorer, des années 20 à la veille de la Deuxième Guerre mondiale, les villégiatures
prisées, lieux de rendez-vous de la haute société cosmopolite : Cannes au printemps, Deauville en
juillet et août, Biarritz en septembre et Saint-Moritz en hiver. Pour assurer leur promotion, Lanvin,
Jean Patou, Madeleine Vionnet s'empressent d'y envoyer leurs premiers mannequins, des actrices
jeunes et sveltes. On y côtoie également les plus brillantes demi-mondaines, des acteurs et
actrices de théâtre et de cinéma, des chanteurs et des peintres. Citons par exemple Mistinguett,
Arletty, Charlie Chaplin, Joséphine Baker, Van Dongen, M. et Mme Paul Ricard ou l'Agha Khan III et
la Grande Bégum. Entre 1909 et 1939, belles voitures, conversations animées, terrasses de café en
vogue, toilettes élégantes, avenues cossues, défilés de mode, plages et palaces constituent la toile
de fond de ces 3 frères photographes.