Providence paradoxale, les destructions de la Seconde guerre mondiale ont accéléré le renouvellement architectural qu'avaient amorcé quelques éclaireurs au cours des deux décennies précédentes.
Parmi les premières nécessités du logement et de l'équipement, quelques chefs-d'oeuvre d'art sacré : la cathédrale du Havre, par Perret, ou Notre-Dame de Royan, par Gillet... Achevée en 1960, la chapelle du collège de Passy-Buzenval s'inscrit dans le sillage de ces monuments porte-drapeau. Grand oeuvre isolé d'un jeune architecte prématurément disparu, Pierre Considère, cette chapelle littéralement perchée, c'est-à-dire construite au sommet d'un bâtiment scolaire strictement fonctionnaliste, enchâsse ses vastes verrières de gros cassons multicolores dans une ossature de fermes en béton, dont l'articulation se réapproprie le langage gothique.
L'audace des formes accompagne une révolution liturgique alors inachevée. Le plan simplifié s'écarte du vieux modèle tridentin pour rapprocher les officiants des fidèles. Une organisation que consacrera en 1965 le concile de Vatican 2. Cette prouesse virtuose sera classée monument historique à l'occasion de la célébration des cinquante ans de sa construction.