Née en 1824, Léopoldine connaît une enfance et une adolescence heureuse entre des parents attentionnés, des frères et soeur admiratifs, les poètes et les peintres amis de son père.
À 15 ans, au cours d'un voyage en Normandie, elle s'éprend d'un ami de la famille, Charles Vacquerie, et son destin bascule. Car Victor Hugo n'admet pas l'éloignement de sa fille. Il résiste trois longues années, et ne signe l'autorisation paternelle de mariage que pour éviter de ternir son image par un scandale. Le mariage est célébré comme un deuil, dans le climat sinistre d'une succession de décès survenus dans l'entourage du marié.
Léopoldine suit son mari en Normandie et tente courageusement de s'adapter à la vie de province, loin de sa chère famille, dans le silence réprobateur de son père. Quelques mois plus tard, cédant à ses instances, sa mère s'installe au Havre pour l'été, avec sa fille Adèle et son fils François-Victor. Hugo finit par venir, passe quelques heures parmi les siens et repart pour Paris. Quelques jours plus tard, le 4 septembre 1839, Léopoldine, son mari, un oncle et un neveu partent pour une promenade sur la Seine dans une barque de course conçue pour la régate en mer. Après plusieurs manipulations malencontreuses, la barque se retourne et les quatre occupants se noient. Léopoldine avait 19 ans. Son père apprend la nouvelle en lisant la presse. Il ne se remettra jamais de la disparition de sa fille bien-aimée.
Cette biographie ne colle pas uniquement aux événements mais nous fait découvrir les mécanismes de fonctionnement de la famille Hugo, seuls capables d'expliquer la montée progressive de la tension et du désespoir entre l'enfance heureuse et insouciante et le drame de la séparation entre le père et sa fille.