Derrière un titre qui affiche joyeusement érotisme biblique, physique fondamentale et histoire de l'art, Alberto Velasco a réuni une vingtaine de nouvelles. Alliant humour, mélancolie, colère, précision analytique et fantaisie virtuose, celles-ci se distinguent par leur modernité. On pense alors Hervé Guibert ou Frédéric Berthet. « Certains écrivains, a écrit Nietzsche, naissent posthumes ». C'est le cas d'Alberto Velasco, mort en 1995 à l'âge de trente-deux ans.
Fils d'un ouvrier espagnol, Alberto VELASCO entre à l'École normale supérieure comme historien en 1983. Cinq ans plus tard, il quitte la rue d'Ulm, fâché avec l'institution et découvre sa séropositivité. Il se jette alors dans la création plastique : photographie, assemblage, peinture, sculpture. Le dénuement, la détresse, des amours tumultueuses et sa santé constamment déclinante le pressent et le stimulent. C'est pendant cette période qu'il écrit Le Quantique des quantiques. Quelques mois après son achèvement, il succombe à un sarcome de Kaposi.