Je viens de lire le nain jaune de bout en bout pour la première fois : depuis la mort de mon père, je n'y parvenais pas.
Ce livre, ce miraculeux nain jaune, je me le gardais comme une bonne bouteille que l'on met à vieillir au frais pour la boire en une grande occasion, histoire de fêter des retrouvailles. je ressors groggy. je tremble, comme si sa soif de père me torturait à mon tour. pourquoi faut-il que nous ne réussissions à nous parler d'amour que par-delà les tombes ? il y a sans doute de la pudeur dans tout cela ; j'y vois surtout une immense infirmité.
Mais les grands livres ne sont-ils pas toujours des jambes de bois ? alexandre jardin.