Un coup de soleil et de vent balaie la place du trocadéro.
Les pensées de paul valéry brillent en lettres d'or au fronton d'un palais républicain ; plus bas, trois mots claquent sur la pierre et m'offrent un titre : musée de l'homme. je suis preneur ! adjugé !
Le quart de siècle qui précède cette appropriation, nous avions fait, avouons-le, grande consommation de toutes les formes d'anthropologie : début de la vogue humanitaire, grand chic des " sciences humaines ", crédulités et optimismes divers.
Que d'homme ! que d'homme ! gide l'avait compris avec sa subtilité habituelle quand son å'dipe répond au sphinx : la réponse, c'est l'homme, quelle que soit la question.
Ils ne me font pas sourire les inconnus qui murmurent : " ah, si je vous racontais ma vie, quel livre vous en feriez ! " ils ont raison, ces naïfs. rien de plus émouvant qu'une vie réputée " ordinaire ", rien de plus amer, secret, étrange et étranger.
Les matériaux quotidiens font la comédie humaine : une tâche sur laquelle vous saignez; une mère qui glisse à l'absence ; une femme qu'enfin vous aimez après toutes celles que vous avez désaimées, perdues ; l'âge qui arme ses fusils. l'homme total et ordinaire méritait bien son musée. je lui ai donné l'apparence d'un carnet de croquis : onze autoportraits de m. tout-le-monde. voici le narrateur en père, fils, mari, en notable et en fantôme, en écrivain et en homme au rancart.
Un petit bourgeois était une confidence sournoisement subjective - une patate chaude. ici le conservateur a repris les choses en mains, mis de l'ordre, et il propose ce catalogue de mes expositions permanentes.
F. n.