"Marceau a trente ans. Il assiste un célèbre bibliophile, vieillard raffiné, rusé et malin. Ses nuits sont courtes :
Il écrit un peu, se saoule avec ses amis, fréquente des femmes. Certaines se laissent prendre à son air indifférent, à sa voix basse, sa voix nocturne qui sensiblement devient plus rauque d'heure en heure, de verre en verre, et se voile et blanchit : ce sont des mâcheuses de chewing-gum, aux lents regards de droguées. D'autres apprécient sa simplicité insouciante, sa voix du jour, précise et posée : ce sont des minces filles bien nées. Il y a Lili, sa cousine, qui en est à cette période de sa vie où, déchirée entre l'enfant et l'adulte, elle éprouve jusqu'à l'éblouissement la beauté des êtres et sa maladresse à les approcher. Enfin, il y a ces femmes que Marceau n'hésite pas à payer." Fiancées, amis, beautés d'occasion au visage blanc, tremblé, croisée à Kiev ou à Saint-Pétersbourg, oeuvres d'art, conversations tenues ou entendues, livres des autres : comme beaucoup d'écrivains, Guillaume de Sardes utilise ce qui lui tombe sous la main ou sous l'oeil. Pourtant, il croit en l'imagination et à l'incapacité des mots à saisir un réel que la mémoire trahit sans cesse. C'est pourquoi Le dédain n'est pas une autofiction, même déguisée. C'est un roman sur différentes manières d'aimer.