Le livre aborde un sujet peu analysé jusqu'à présent : la représentation de la paternité dans l'imaginaire d'une civilisation mal à l'aise avec la femme, mais qui a besoin des femmes pour assurer la reproduction. L'auteur a privilégié deux directions de réflexion : l'analyse des mythes et celle des connaissances médicales. Les mythes construisent le rêve d'une paternité exclusive, excluant les femmes de la reproduction : dans le monde divin, avec les paternités solitaires de Zeus, dans le monde des héros, avec les paternités des héros fondateurs des cités. L'auteur montre ensuite la place de la génération de l'être humain dans les préoccupations des philosophes grecs et l'intérêt constamment maintenu chez ceux qui ont élaboré une réflexion médicale sur les phénomènes de la reproduction. Entre tous, Aristote est le père d'un modèle sur le rôle respectif du père et de la mère qui a perduré bien au-delà de l'Antiquité : attribuant au père une supériorité dans la détermination du sexe et le caractère de l'enfant, ce modèle a fixé une surévaluation de la fonction paternelle qui persistera jusqu'au 18e siècle.