Suite au déclenchement de la crise financière internationale à l'automne 2008, l'Islande n'a cessé de s'engager sur un chemin de traverse parmi les nations du monde occidental en tournant le dos à la « doctrine d'austérité » qui forme actuellement le lieu commun dominant des politiques de gestion de l'après crise mises en oeuvre par les gouvernements des nations du monde capitaliste avancé.
Passée du statut de laboratoire de la finance triomphante à celui du symbole de sa déroute, l'île nordique fut tout d'abord l'objet d'un mouvement de protestations aux conséquences inattendues. La presse internationale s'enflamma. On parla bientôt d'une « Révolution des casseroles » pour décrire les événements qui s'y déroulèrent et qui aboutirent, en quelques semaines, à la démission de son gouvernement et à l'anticipation d'élections législatives qui virent arriver au pourvoir une gauche armée d'ambitions réformatrices radicales sous la pression de la société civile islandaise.
Depuis la réforme de sa constitution faisant de la souveraineté et de la démocratie directe deux maîtres mots à la fois dans son processus d'élaboration et dans son contenu, l'Islande détonne dans le gris du ciel de l'actualité mondiale.