Tout menace la patience de l'homme.
Tout, et d'abord elle-même, ses sens, ses faux-sens que sont l'endurcissement, la résignation, l'insensibilité, l'inertie. Et qu'est-ce qui seul peut faire d'elle une authentique vertu ? L'inquiétude, non le souci, l'inquiétude conçue comme l'aiguillon même du temps, le devenir autre permanent. Ainsi révélée, l'inquiète patience ne dit pas seulement l'identité la plus profonde de la personne, irréductible à toute psychologie individuelle ; elle dit plus encore le mouvement même du réel qui, confrontant l'homme à l'altération permanente, l'ouvre à l'altérité la plus décisive.
Ph. G.