Psychologue et spécialiste de la formation, les auteurs étaient sans doute particulièrement bien placés pour dresser un constat sans appel des dérives du « psychologisme » appliqué aux relations humaines dans l'entreprise.
Derrière son titre volontairement polémique le livre développe une argumentation solidement étayée : il est acquis que dans l'entreprise, le « facteur humain » est primordial. Armés de ce constat, les cadres et dirigeants n'ont donc eu de cesse d'intégrer cette dimension humaine à leur « management », de chercher à agir sur ce levier pour optimiser les résultats.
Or, l'analyse attentive de cette attitude révèle que ses conséquences sont au mieux nulles, au pire désastreuses.
Constatant en effet à maintes reprises les dégâts occasionnés sur le terrain par ces pratiques managériales, les auteurs montrent les dangers de ce recours abusif aux pseudo-règles de psychologie dans l'entreprise. Des risques d'un management façonné à l'image de la personnalité du manager - et servant ses seuls intérêts -, à l'inévitable dérive vers la manipulation, ils mettent en garde les professionnels des ressources humaines contre les méfaits de l'utilisation non maîtrisée du facteur psychologique pour influencer les comportements professionnels.
Une fois dénoncée cette « impasse psychologique » du management - particulièrement bien illustrée par les dérives récentes dans lesquelles se sont engagées de nombreuses entreprises au nom de la « motivation » - les auteurs, loin de conseiller aux managers de renoncer à toute mise en valeur du facteur humain dans l'entreprise, donnent des éléments pour aider les managers à recadrer leur domaine de compétences.
Ils expliquent alors en quoi c'est l'erreur qui est le véritable champ d'action du management et que c'est en apprenant à gérer cette dimension inhérente à toute activité conduite par les hommes que les entreprises parviendront à véritablement optimiser leurs performances. Le livre explique comment passer de cette « gestion de l'erreur » à un véritable « management par l'erreur ».
En plaidant pour une approche « contractuelle » des relations humaines dans l'entreprise, Dominique Michalon et Loïc Roche jettent un pavé dans la mare des présupposés actuels du management, toutes tendances confondues, et donnent aux acteurs de l'entreprise, dirigeants comme dirigés, de nouvelles pistes de réflexion sur leur véritable rôle dans l'entreprise.