L'autre est une sensation du corps et de la pensée, sans doute leur plus intime point de contact. Cet événement si simple, la philosophie morale a préféré l'oublier en le recouvrant sous des paradoxes archi-rebattus : où est l'autre en autrui, comment vivre ensemble, etc. Demander cela, c'est faire semblant de penser. Car l'autre n'est pas d'abord une figure de l'altérité mais une figure logique. C'est l'image du corps. Structure minimale pour aller au devant du monde et d'autrui, l'autre n'est pas d'abord impliqué dans les traits du prochain ou du voisin, mais en soi-même. Lorsque cette structure lâche ou fait défaut, le sujet se réduit à une simple surface, simulacre, norme comportementale. Eventuellement, il devient fou.
Première partie :
Quelques autres L'alter ego et le semblable.
Je et Tu.
Le prochain.
Le pair et l'impair.
L'intrus et l'exclus.
L'alien.
L'aliéné.
L'original et la copie.
L'absolu et l'infini.
Deuxième partie :
L'autre n'est pas autrui.
Deux ou trois choses que je sais de lui.
La grande nuit de l'Autre.
Des milliards de modèles.
D'autres corps que le sien.
Entre centre et absence