Le 15e siècle est présent dans la notion de musique et de perspective géométrique (mise en parallèle d'art et d'¦uvres musicales) et le "problème de la parodie au second degré". Le 16e siècle - époque privilégiée par les contributeurs du volume, souligne "l'intertextualité féconde" et "l'apport de la monodie grégorienne" traitée par Nicolas Gombert - évoque le cantus firmus Suzanne un jour (44 oeuvres et 24 arrangements). Une attention toute particulière concerne l'association de la musique et du verbe, le corps sonore vocal, grâce à une nouvelle méthodologie (Marsile Ficin, fureurs platoniciennes). Le 18e siècle est représenté par "le cantus firmus dans les Lamentations de Niccolo Jommelli", sa maîtrise technique et la variété de ses moyens expressifs. Le 20e siècle exploite aussi le cantus firmus, procédé confirmé par un "langage inouï" de M. Duruflé, G. Migot, R. Calmel et O. Messiaen ; M. Reger et P. Hindemith. G. Ligeti et L. Berio reprennent également cette technique. Le corpus organistique de Marie-Louise Girod démontre "l'inséparable association portée à l'assignation identitaire du cantus firmus". Rattachés à l'École genevoise, Fr. Martin, H. Gagnebin, B. Reichel, R. Vuataz... assurent - par leur enracinement dans l'héritage du Psautier huguenot - la pérennité du cantus firmus à travers les siècles.