D'optique philosophique, cet ouvrage est une mise en perspective de deux auteurs que tout semble séparer : Edmund Husserl, père d'une phénoménologie transcendantale de la conscience, et André Leroi-Gourhan, ethnologue et préhistorien. Une fois opérées les mises au point méthodologiques de rigueur, un dialogue s'établit entre Husserl et Leroi-Gourhan autour des " objets de la préhistoire " : ossements, cailloux taillés, traces d'ocre, de feu, d'habitats, objets gravés ou peints. Procédant par " zigzags ", de la phénoménologie à la préhistoire et inversement, Bénédicte de Villers entend se tenir au plus près de la matérialité de ces objets préhistoriques et les décrire. En même temps, ceux-ci s'avèrent les seuls indices de subjectivités humaines d'autrefois et de leurs cultures. L'ambivalence des objets de la préhistoire constitue donc aussi toute leur richesse. L'" ontologie préhistorique " qui se construit dans ces pages, à la croisée des perspectives phénoménologiques et préhistoriques, vise ainsi à poser d'une façon originale la question de la " différence anthropologique " et des origines de l'homme.