En 1960, je faisais mon service militaire en Algérie.
L'armée française avait décidé que les autochtones devaient avoir une carte d'identité française pour mieux contrôler leurs déplacements dans les " villages de regroupement ". J'ai ainsi photographié près de deux mille personnes, en grande majorité des femmes, à la cadence de deux cents par jour. J'ai reçu leur regard à bout portant, premier témoin de leur protestation muette, violente. Je veux leur rendre témoignage.