Bonjour, monsieur Marx. Je ne peux vous cacher mon émotion. Vous représentez beaucoup pour ceux qui se révoltent contre le monde comme il va . Aujourd´hui le capitalisme fait rage, l´argent roi règne. Comment caractériser le genre de relations qu´il instaure entre les hommes ?
Premiers jours de janvier 1882. Maitland Park Road, quartier de Londres, j´arrive enfin chez lui. Désormais, Karl Marx est seul. Il n´a que 63 ans, mais tous ceux qui l´ont rencontré dernièrement le décrivent comme à bout de forces. Il continue cependant à travailler, à revoir ses manuscrits pour son grand oeuvre :Le Capital, le chef d´oeuvre inachevé. Je m´assieds en face de lui. Notre premier entretien commence. Il sourit parfois, s´indigne souvent des injustices qu´il évoque et de l´hypocrisie qui les recouvre. Une photo de son ami de toujours, Friedrich Engels, est là, sur la cheminée, derrière lui. Pour de nombreuses questions, je vais avoir le sentiment de m´adresser à eux deux. D´ailleurs, Karl Marx se tourne régulièrement vers l´image de son ami, comme pour mieux solliciter son acquiescement. Les deux penseurs ont voulu dire tout haut la vérité d´un monde à dépasser et celle d´un monde à inventer.
Philosophe et professeur, Henri Pena-Ruiz a consacré sa thèse de doctorat à la laïcité et s´est intéressé aux grandes légendes de la pensée, auxquelles il a consacré deux livres :Le Roman du mondeet lesHistoires de toujours.
CollectionL´Entretiendirigée par Marc Lecarpentier Un entretien composé de questions fictives et de réponses authentiques