Honteux c'est ainsi que je me sens et que devraient se sentir tous ceux qui, transpirant, forment cette longue colonne en ce chaud jour de juin sur un chemin vicinal poussiéreux qui nous emmène vers l'est. On l'a compris, je suis prisonnier, prisonnier de guerre et j'en ai honte, pas une honte personnelle comme si j'avais commis quelque indélicatesse ou lâcheté, mais une honte collective. Je suis prisonnier sans m'être battu, ni même défendu. Sans avoir participé à la moindre opération ni avoir tiré ou essuyé le moindre coup de feu.