Par quelle étrange transformation, Dominique-Joseph Garat, issu d'un milieu traditionnaliste basque, éminemment catholique et rural, est-il devenu à Paris cet influent philosophe des Lumières, contempteur de toutes religions ?
Pourquoi cet aimable et paisible homme de salons, occupant une place enviable parmi les élites intellectuelles de la France monarchique, a-t-il abandonné une carrière littéraire prometteuse pour se lancer dans l'action politique et se faire ardent révolutionnaire ?
Comment cet apôtre de la démocratie, ennemi du pouvoir personnel et de la dictature, s'est-il changé en laudateur sans mesure de Napoléon ?
N'est-il pas étonnant qu'un tel personnage se réclamant de l'universalisme ait gardé le constant souci du bien-être de ses compatriotes basques, de la sauvegarde de leur langue et de leur culture ?
Il est difficile d'expliquer toutes ces contradictions.