Présentée comme archaïque et réactionnaire jusque tard dans le XXe siècle, la Vendée est devenue, sous la conduite de nouvelles élites, le singulier pays des usines à la campagne. Encore souvent réputée très catholique, elle est aujourd'hui un désert de vocations. Trois jours durant, les meilleurs spécialistes de chaque sujet : des universitaires de toutes disciplines, mais aussi, entre autres, un ancien secrétaire fédéral du PC et de grands patrons, le président du Conseil général et l'évêque, ont confronté leurs témoignages. Tandis que les mythes s'évanouissaient, des pistes novatrices apparaissaient. Certes, la région ne possédait ni ressources énergétiques, ni matières premières, ni communications, ni capitaux. Mais ici, face aux intolérances successives de la Révolution puis de la IIIe république, une société s'est donnée à l'Eglise, et en retour celle-ci a christianisé le progrès. Des militants de la JAC aux capitaines d'industrie d'aujourd'hui, une même irrépressible soif d'entreprendre, un même impératif social, un même pragmatisme inspiré se perpétuent, tandis que l'église paraît avoir payé au prix fort cette étonnante mutation.