Théo Klent croyait avoir échappé aux vicissitudes de la vie en se pochetronant, quotidiennement et avec application, au comptoir du Petit Marcel.
Il était assisté en cela par André, le taulier de l'établissement, nullement dérangé de camoufler un fusil de chasse sous ses pompes à bière, et par
Youri, un ancien légionnaire ayant la déconcertante prédisposition à joindre les phalanges à la parole, le tout pour imposer son point de vue. Cette éthylique quiétude va pourtant voler en éclat avec l'intrusion dans la vie de Théo du commissaire Valentini, ambidextre de la mandale, lancé aux trousses d'un tueur de grands-mères, le tout sur fond de bombonnes à gaz piégées, explosant aux quatre coins de la capitale. Brindezingue est le premier roman de Patrick Delahais, trente ans, parisien, bien que toujours attaché à sa banlieue. Parmi ses particularités biographiques les plus remarquables, on retiendra qu'il a réussi à relier Nantes à Paris en Lambretta en moins de treize heures et que, malgré un déficit de vingt-cinq kilos, il a douloureusement tenu la place de deuxième ligne au Rugby Club Grésivaudan.