D'Auguste (63 av. J.-C.) à Constantin (272-337) les empereurs romains ont constamment cherché à légitimer leur pouvoir ambigu par une sorte de consécration surnaturelle. D'Apollon, saint patron d'Octave et des néo-pythagoriciens, au Soleil Invincible d'Aurélien et même au Cornes radié de Constantin, la continuité est remarquable. Un pouvoir qui a quelque chose de monstrueux et d'illégal (du moins par rapport aux institutions traditionnelles et au droit humain) éprouve toujours le besoin de se justifier au plan du droit divin. La religion impériale, avec ses allégories politiques et ses rites d'apothéose, n'est pas seule en cause dans cette question qui s'avère de première importance, dès qu'on veut comprendre le comportement des Césars, des bons comme des mauvais, des fous comme des sages. En sept chapitres riches de suggestions et d'hypothèses fécondes, même si l'on ne s'y rallie pas d'emblée, M. Jean Gagé montre que des princes - héritiers ou régnants - ont demandé à la magie et à l'astrologie l'auréole prestigieuse d'une vraie basiléia.
Avant-propos Chapitre I. - Le triomphe des Germanicus et les secrets astrologiques de Caligula Chapitre II. - De Thrasyllus à Balbillus: Tibère contre les rois; L'astrologie royale au service de Néron Chapitre III. - Vespasien entre le Sérapéum d'Alexandrie et les intrigues de Commagène Chapitre IV. - Trajan en Syrie et l'oracle d'Héliopolis Chapitre V. - Horoscopes impériaux et thèmes astraux d'Alexandre Chapitre VI. - « Héliopemptos »: les propagandes oraculaires en Orient vers le milieu du IIIe siècle: l'attente du Nouvel Alexandre ou le thème d'un « retour » de Néron?
Chapitre VII. - Les prêtres solaires au IIIe siècle ap. J.-C.; la place des « Mages » dans les mystères de Mithra Conclusion: Mages de l'Empire romain et mages « faillis » dénoncés par les chefs du clergé perse sassanide Index général Index des empereurs, rois ou dynasties Index des auteurs anciens et des principaux textes cités Table des illustrations