Au printemps de l'année 2005, les médias occidentaux font état de trois millions de Nigériens menacés par la famine et diffusent des images d'enfants décharnés. Parallèlement, les ONG humanitaires dénoncent les défaillances du gouvernement nigérien, des agences internationales et des partenaires du Niger, accusés d'avoir sous-estimé l'ampleur du problème et d'avoir tardé à réagir.
Aujourd'hui, plus de trois ans après les événements, un consensus s'est établi : on ne parle plus de « famine » mais de « crise alimentaire » et les esprits se sont calmés. Cependant, moins polémiques, les critiques entre « développeurs » et « humanitaires » demeurent et chaque partie défend ses points de vue sur le bien-fondé de son action ainsi que ses méthodes.
Le présent numéro est entièrement consacré à la « crise alimentaire du Niger » et en propose une analyse rétrospective « vue d'en bas », depuis l'intérieur des dispositifs d'action des acteurs. Loin d'une rhétorique de la dénonciation, les auteurs rouvrent le dossier de la « crise » et offrent des enseignements indispensables à sa compréhension et au fondement d'un débat éclairé sur les stratégies de l'humanitaire et du développement.