Ce livre se fonde sur le célèbre cri de protestation et despoir, « Yen a marre », né au Sénégal et repris par la jeunesse africaine et sur linventivité artistique des gens de peu pour imaginer les rêves dun autre monde possible. Il esquisse les modalités pratiques par lesquelles la philosophie africaine peut renoncer à « limmaculée conception » et sapproprier vigoureusement la question du social.
Kasereka Kavwahirehi pose ainsi courageusement la question du renouvellement, de la reconstruction, de la production du sens et de la finalité de la philosophie africaine dans un contexte où lAfrique doit construire son « à-venir » en faisant face à de nouvelles luttes sociales contre la poussée néo-libérale et la mondialisation violente des inégalités.
Le pari de ce livre est de faire éclore une philosophie africaine qui témoigne du désir de profondes transformations sociales et politiques quexpriment les foyers de résistance constitués par les mouvements citoyens, la musique urbaine et les gens ordinaires qui utilisent leur précarité comme force mobilisatrice et point initial pour laction et la solidarité. Cest une invitation à jeter un regard neuf sur le monde et à réactualiser les potentiels utopiques des mémoires africaines. À lexemple de Socrate, sillonner les rues de nos cités bruyantes et y jouer le rôle demaïeuticien, tel est aussi le défi à relever.