Les Réflexions critiques sur la poésie et sur la peinture, publiées pour la première fois par labbé Jean-Baptiste Du Bos en 1719, apparaissent comme lun des textes fondateurs de lesthétique philosophique. Ni peintre ni dramaturge, ni curieux ou marchand dart, ni critique dart au sens dune profession qui nexiste certes pas encore, leur auteur se présente comme un simple citoyen de la République des arts, face à ceux qui sen veulent les législateurs. Cet amateurisme, qui enveloppe immédiatement de se tenir du côté des ½uvres faites et de leur réception, plutôt que dinterroger la fabrique de l½uvre dart, comporte néanmoins positivement la prétention de tenir un discours philosophique sur leffet artistique, sur la fonction de lart, sur la force comparée des arts, sur le génie et sur le goût. Cette dimension philosophique, qui se marque moins par quelque souci de fondation métaphysique que dans le déploiement de considérations anthropologiques permettant la compréhension des arts et de leurs paradoxes, est placée ici sous linterrogation croisée de dix spécialistes de la théorie de la peinture, de la rhétorique et de lesthétique.