Sil a été possible de penser la localisation comme support privilégié de lidée même de culture, nous assistons sans doute aujourdhui à une inversion qui fait du déplacement, de la mobilité et de la migration des pratiques constitutives des significations culturelles. Les lieux, dordinaire observés comme des images fixes, doivent alors être envisagés aussi comme les supports mobiles dune multiplicité de parcours et de discours dotés dune intensité configurante et modélisante.
Ainsi, les études rassemblées ici questionnent le rapport entre espace et littérature à partir de lidée que notre expérience du «réel» sélabore de manière relationnelle et discursive. Les récits qui se construisent à partir de lexpérience de mobilité spatiale nous offrent une porte dentrée privilégiée pour observer la dimension performative de la narration, la capacité quont la littérature et les arts de sinsérer dans lensemble varié et stratifié de nos expériences, dinfluencer notre rapport au monde et notre figuration de lespace.
Dans la perspective de cette «mise en relation», la question de la mobilité interroge ici les représentations institutionnelles et individuelles de lespace ; les projections cartographiques et les pratiques dappropriation du territoire; les notions de vitesse, daccélération et de lenteur; le droit de passage et les frontières.