La mondialisation a profondément modifié la façon dont se posent les questions de contrôle et daménagement de lespace, tout comme les relations des individus à leur cadre de vie. Le développement des technologies de linformation, louverture économique libérale et laccroissement de la circulation physique des biens, des capitaux et des personnes ont entraîné lémergence dune diversité dacteurs qui prennent part à la construction des territoires, quil sagisse denvironnement, de patrimoine, didentité ou de production.
LÉtat souverain est ainsi concurrencé par des interventions de plus en plus variées, sous linfluence des discours et des pratiques de citoyens, de collectivités ou dentrepreneurs de toute nature et de toutes origines.
Ce sont aussi les formes dexpression territoriale qui se sont diversifiées, donnant lieu à des territoires plus labiles, aux contours parfois imprécis, régis davantage par des logiques de réseaux que de contiguïté, fondés sur des mouvements spontanés, des projets portés par la société civile ou par des acteurs économiques puissants.
Pour autant, cette diversification est-elle synonyme dune démocratisation des sociétés ? Qui sont ces acteurs qui se mobilisent par et pour le territoire ? Quels sont leurs objectifs ? À quelles échelles agissent-ils et comment simmiscent-ils dans des paysages institutionnels déjà construits ? Comment négocient-ils entre eux ? Comment les formes de mobilisation organisées autour dune revendication territoriale sarticulent-elles avec des prises de position basées sur des solidarités sociales, économiques ou politiques ?
Cet ouvrage est issu du 2e colloque du Collège international des sciences du territoire (CIST). De Longwy aux îles Tuvalu, des Cardamomes cambodgiennes aux Andes, de lAfrique de lOuest à la Réunion, jusquaux bureaux des instances internationales, il donne matière à analyser les conflits, les ententes, les défis, les déceptions et les espoirs qui naissent de la relation croissante entre territoires et mobilisations contemporaines.