Au début du XXe siècle, les avant-gardes semblent incarner, partout en Europe, une nouvelle réalité cosmopolite. Les mots du sculpteur roumain Brancusi, alors domicilié à Paris, sont emblématiques de cette vision transnationale de lart moderne : « En art, il ny a pas détrangers. » Mais si les avant-gardes aiment à se mettre en scène selon une logique internationaliste, elles connaissent en même temps une véritable obsession nationaliste dont on a jusquà présent occulté la portée.
À partir dun dépouillement darchives et de documents dépoque souvent inconnus, Thomas Hunkeler propose de repenser la généalogie ambivalente de lavant-garde à la lumière de la bataille symbolique pour la conquête de Paris, capitale mondiale des arts. Au-delà du contexte historique du début du XXe siècle, en particulier celui de la Première Guerre mondiale, cet essai soulève des questions plus que jamais dactualité dans une Europe où les réflexes nationalistes sont à nouveau à lordre du jour.