La nature observée par les sciences participatives est avant tout une nature ordinaire, celle des hirondelles et des moineaux, celle des patelles et des euphorbes réveil matin, et cest certainement par les sciences participatives que lon peut suivre, par exemple, la décroissance de la population des hirondelles des fenêtres.
Alors que la confiance de lopinion dans les sciences sérode, les sciences participatives pour la biodiversité bénéficient au contraire dune popularité accrue, notamment en France. Ces pratiques dobservation et de signalement déléments naturels à des référents scientifiques sont réalisées, en se conformant à un protocole plus ou moins strict, par des personnes qui nen font pas une activité professionnelle (environ 53 000 en France en 2017).
Quelles sont les vertus de ces pratiques citoyennes qui font collaborer sciences et société ? Qui sont les contributeurs ? Comment lévolution des nouvelles technologies de linformation modifie-t-elle la façon dêtre amateur de nature ? En quoi le loisir peut-il servir la connaissance, en associant robustesse des données et engouement du promeneur ?
La sociologie sinterroge sur la réussite des sciences participatives malgré les dissymétries persistantes dans les modes de recrutement de leurs contributeurs. Lauteur présente ici une série de thèses personnelles concernant les acteurs, les dispositifs et les techniques en ½uvre, afin dorienter le lecteur dans le foisonnement des initiatives actuelles.