Le bilan des cinquante ans dindépendance des pays africains a révélé la capacité des habitants du continent à faire preuve de créativité et à résoudre les problèmes de leurs sociétés et ceux apportés par la mondialisation. En même temps, lAfrique est le continent où la violence reste très présente (blocages politiques sans solutions, dictatures générant des dynasties, problèmes liés à la précarité urbaine, aux difficultés de la vie rurale, aux problèmes environnementaux...).
Que peuvent alors les Églises face à ces nombreux défis ? Elles nont pas de solution magique, mais elles peuvent se proposer comme une communauté de témoins qui sengage dans la cité, relève les personnes et revisite la culture. Les Pères du deuxième synode africain ont en ce sens abondamment investi le politique. Sils ont tenu à souligner que la réconciliation, la justice et la paix sont des dons de Dieu, quelles senracinent dans les c½urs et exigent une conversion permanente, ils ont rappelé vigoureusement que le continent a besoin de chrétiens qui prennent à bras-le-corps léducation et la formation, et développer les commissions Justice et Paix.
« Lavenir de lAfrique, écrit Paulin Poucouta, passe par la consolidation dun homme africain nouveau. Il a besoin de chrétiens prophétiquement libres par rapport aux puissances dargent et aux intrigues politiques et religieuses, libres aussi des tribalismes, du régionalisme et des nationalismes ambiants. Dans des sociétés longtemps marquées par la pensée unique des monopartismes, il convient de rappeler limportance de la pensée dans la transformation de la société ». Cest pourquoi les Églises doivent susciter des espaces non seulement dapprentissage, mais aussi de prise de parole et de recherche.
Ce livre nous restitue les leçons du second synode tenu à Rome en 2009. Aboutissement dun travail collectif regroupant des chercheurs originaires de différents pays dAfrique, il est publié sous la direction dHenri Derroitte et de François Yumba.