La défaite française de 1870 face à la Prusse et lannexion de lAlsace-Moselle ont érigé les réflexions linguistiques au statut de préoccupations nationales, voire nationalistes. En littérature, à la suite de Barrès notamment, nombre décrivains se sont attachés à relayer cette équivalence entre nation et langue françaises ; le « génie de la langue française » se trouve exalté, sous le signe de la « clarté » et de la « pureté ».
Les formes de lanalogie entre langue et nation, les valeurs linguistiques présentées comme « françaises », la nature des exigences linguistiques académiques et institutionnelles : ce sont les enjeux idéologiques de ces considérations sur la langue que les contributions ici rassemblées se proposent dexpliciter, à partir dun corpus littéraire narratif, essayistique, voire poétique, composé des ½uvres des chantres du nationalisme (Paul Bourget, Maurice Barrès, Charles Maurras), mais aussi d½uvres reflétant (ou contestant) les idées et les valeurs du nationalisme (René Bazin, Léon Daudet, Paul Verlaine, Anatole France, Henri Barbusse, Jean Giraudoux, etc.).
Ce volume, qui réunit les communications prononcées lors du colloque organisé les 27 et 28 juin 2019 à lUniversité de Lorraine, propose ainsi de réfléchir aux liens entre langue et idéologies nationalistes en littérature sous la IIIe République.