Le 24 aout 410, Alaric, qui assiegeait Rome, y penetra, pendant la nuit, par la porta Salaria, qui etait mal gardee. Il mit le feu aux masures qui entouraient la porte ; de la l'incendie se communiqua aux jardins de Salluste et devora tout le quartier. Pendant trois jours, la ville fut mise a sac par les barbares. Alaric etait chretien, et il aurait voulu se montrer clement ; mais il ne fut pas maitre de ses soldats, parmi lesquels se trouvaient des gens de toutes les nations et de tous les cultes. Le quatrieme jour il quitta Rome, emportant dans ses chariots d'enormes richesses entassees, et laissant derriere lui tant de cadavres qu'on eut grand'peine a les ensevelir. L'effet produit par ce desastre fut immense. Nous avons a ce sujet le temoignage des ecrivains ecclesiastiques, qui avaient plus d'interet a le taire qu'a l'exagerer. Saint Augustin nous apprend que l'univers en gemit et que l'emotion penetra jusque dans les pays les plus recules de l'Orient. Le flambeau du monde s'est eteint, s'ecriait saint Jerome, de sa retraite lointaine de Bethleem, et, dans une seule ville qui tombe, c'est le genre humain tout entier qui perit ! A PROPOS DE L'AUTEURHistorien de l'Antiquite romaine et philologue francais. Il s'interesse tres tot a l'epigraphie, est normalien a 20 ans , devient maitre de conference a l'Ecole Normale et professeur au college de France, dont il est aministrateur de 1892 a 1894. Il publie de tres nombreux travaux a la Revue des deux Mondes. En 1876, il est elu membre de l'Academie francaise et en devient le secretaire perpetuel en 1895.Il est l'auteur d'ouvrages erudits, dont le celebre "Ciceron et ses amis"