Ingres a laissé un ensemble décrits et de propos, rédigés ou recueillis au fil des circonstances, qui constituent un précieux témoignage de sa pensée artistique et de sa personnalité. Il y exprime ses « bonnes doctrines » avec une foi ardente et ce ton tour à tour impérieux, naïf ou batailleur qui le caractérise.
Élève de David, Ingres se conforme à la tradition dun art classique idéaliste, fondé sur limitation des Anciens, le primat de la peinture dhistoire et du dessin sur la couleur. Dès ses débuts, cependant, il renouvelle et subvertit cette tradition en se référant non au « beau idéal », mais à une conception personnelle de la beauté, nourrie de références nouvelles (notamment à lart de la Renaissance italienne) et surtout inspirée de létude éblouie des formes vivantes. Ces textes permettent de suivre la complexité dune pensée partagée entre la tentation doctrinale et la vivante réflexion issue de la pratique. Ils sont assortis de commentaires critiques dus à Baudelaire, Théophile Silvestre ou André Lhote, successivement virulents ou admiratifs, mais toujours éclairants.
Un ouvrage de référence, indispensable à la compréhension dun maître qui est à la fois un symbole du classicisme et, paradoxalement, une figure tutélaire de la modernité.