Bernard Rancillac est lun des peintres pionniers de la « figuration narrative » et lune des grandes figures des arts plastiques contemporains. Il vient daccepter de publier un document totalement inconnu et inédit : des extraits de son journal intime quil a rédigé de 1956 à 1968. Ces dates sont importantes. En 1956, le jeune homme a 25 ans, sort du service militaire, veut devenir peintre, mais ne connait quasiment rien des pratiques picturales quon ne lui a pas enseignées. En 1968, il a trouvé sa technique, son style et sa peinture, possède une ½uvre abondante et déjà consacrée par de grandes expositions, a réalisé son rêve en étant reconnu au sein de « lavant-garde ». Mais au prix de quelles épreuves et de quels tourments ! Son journal les donne à lire et à entendre. Il vient ainsi compléter une histoire de la peinture qui a souvent pour habitude de ne jamais sarrêter longuement sur la préhistoire dun peintre. Il sagit de laventure de la transformation dun homme et de la formation dun peintre dans une époque (les années 1960) qui cherche elle aussi sa peinture (« comment sortir de labstraction? »). Il sagit enfin dune « confession » qui nétait pas destinée à la publication et se livre avec franchise, du récit dune quête obstinée écrite par un acteur de la peinture, quand les histoires de lart contemporain sont, elles, le plus souvent reconstruites après-coup.